LES ILLUMINES DE BAVIERE
|
Nom complet :
Genre :
Période de fondation :
Qui adorent-ils ? :
Nombre d'adeptes :
|
Illuminés ou ordre des
Illuminés de Bavière
politico-ésotérique
1776
l'homme, qui est Dieu
imprécis
|
La société des Illuminés de Bavière - forme particulière
de l'illuminisme, originaire, comme son nom l'indique, de
Bavière - fut créée en 1776 par Adam Weishaupt. Cette
secte, également dénommée ordre des Illuminés, fut fondée
alors que Weishaupt enseignait le droit canon à
Ingolstadt. Né en 1748 et éduqué par les jésuites,
Weishaupt, doté d'une grande intelligence et d'une grande
finesse, développa bien vite des sentiments de révolte
contre l'ordre établi conjugués à un anticléricalisme qui
frôlait le fanatisme. cette contradiction était encore
aggravée par le fait qu'enseignant en droit canonique, il
devait feindre une obédience et un zèle religieux
maximum. Profondément fasciné par les rituels mystérieux
de la maçonnerie et des sectes secrètes, il décida de
donner jour à une société initiatique destinée à apporter
un renouveau total dans la société et le monde. A cette
fin, il lui fallait s'infiltrer dans la maçonnerie pour
en miner les bases. En compagnie de son ami, le baron
Adolf von Knigge, passionné de mystères antiques et
d'occultisme, il rédigea un programme général et commença
à recruter des adeptes. Knigge, déjà maçon, avait mené
une vie très mouvementée et parcouru le monde, ce qui ne
l'empêchait pas d'être un catholique convaincu. Les idées
anticléricales de Weishaupt ne tardèrent pas à provoquer
rapidement de profondes divergences entre eux. Quoi qu'il
en soit, l'ordre des Illuminés connut un succès pour le
moins extraordinaire. L'organisation - secrète et
parfaite hiérarchiquement parlant - ne cessait de
recruter de nouveaux membres qui restaient tenus dans
l'ignorance des fins de la société. Parmi les nombreux
adeptes , figuraient le duc Ernest II de Saxe, le duc
Ferdinand de Brunswick, le baron Dalberg, Johann Wolfgang
von Goethe (qui adopta le nom initiatique de Abaris),
l'alchimiste Johannes Eckartshausen. Et tandis que la
secte des Illuminés se propageait dans l'Allemagne
entière, Weishaupt continuait tranquillement à dispenser
son enseignement à l'université en se faisant passer pour
un dévot de premier ordre !
La structure de la secte des Illuminés se composait de cellules
ou sous-groupes. Les membres de grade inférieur obéissaient à
ceux du grade supérieur qui, à leur tour, devaient se soumettre
la pyramide. Les grades, au nombre de treize, étaient
subdivisés en quatre sections : préparatoire, novice, minerval,
illuminatus minor (pépinière) ; apprenti, compagnon et
maître (maçonnerie, maçonnerie symbolique) ;
illuminatus dirigens (maçonnerie écossaise) ; prêtre,
régent ou prince illuminé, mage ou homme-roi (mystères). Au
bout de quatre grade de préparation, l'illuminatus
minor ignorait toujours que l'obédience absolue visait à
désagréger l'homme qu'il était afin de le rendre apte à
recevoir le nouvel enseignement. Ce n'est qu'une fois
illuminatus dirigens, au terme des différents grades,
qu'il découvrait le sens profond des trois ordres de recherche
: sagesse, liberté et vertu. Les enseignements portaient sur le
cosmopolitisme, le panthéisme matérialiste (Dieu et le monde ne
font qu'un). Tout en possédant une série de rituels inspirés
des mystères antiques, la société des Illuminés était
essentiellement politique. Certains vont jusqu'à dire qu'elle a
jeté les fondements de l'anarchisme et du communisme. « Les
école philosophiques secrètes servent à faire mûrir les
révolutions dans l'esprit humain et à combattre l'esclavage.
Elles ont été de tout temps les gardiens de la nature et des
droits de l'homme. C'est grâce à elles que le genre humain sera
un jour réhabilité ; princes et nations disparaîtront et la
terre ne sera plus peuplée que d'hommes doués de raison qui
n'auront pour seul livre de loi et pour unique code que la
raison. » Telle était la profession de foi de Weishaupt.
Weishaupt voyait en Jésus l'homme supérieur, le prototype de
l'illuminé : « Nous pensons que Jésus n'a pas fondé de religion
nouvelle, il n'a fait que rétablir la religion naturelle. »
Naturellement, ce programme, bien que secret, finit un jour par
être découvert, tout à fait fortuitement d'ailleurs (la foudre
s'abattit sur un vieux prêtre qui portait des documents
compromettants, ceux-ci furent récupérés par les autorités) et
condamné par l'Eglise. Cela se déroulait en 1785. Weishaupt
réussit par miracle à prendre la fuite et fut condamné à mort
par contumace. Réfugié à Ratisbonne puis à Gotha où il
bénéficia de la protection du Duc, il vécut encore
quarante-cinq ans, sans jamais plus s'occuper de politique, et
mourut le 18 novembre 1830.
|