LES FRERES DU LIBRE ESPRIT
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Genre :
Période de fondation :
Qui adorent-ils ? :
Nombre d'adeptes :
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religieux
XIIe siècle
Dieu (christianisme)
quelques centaines de
milliers
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Les frères du Libre Esprit
ou, pour être plus précis, les frères et les soeurs du
Libre Esprit constituèrent un grand mouvement hérétique
qui se propagea le long de la vallée du Rhin jusqu'aux
Pays-Bas. Parmi les villes phares de ce mouvement citons
Strasbourg, Mayence, Cologne et Amsterdam. Ces frères,
dont les croyances sont à rapprocher de celles de sectes
alexandrines telles que les adamites, avaient choisi ce
nom parce qu'ils étaient convaincus d'incarner l'Esprit
saint, sa puissance et son infaillibilité et partant,
d'être lavés de tout péché en dépit de leur obligation de
vivre dans la matière et donc dans le péché.
Ils formaient des groupes ou loges secrètes où accédaient et se
côtoyaient hommes et femmes. Les disciples étaient recrutés
tout d'abord parmi les dévots (béguines, tertiaires, beghards)
qui furent nombreux à venir grossir les rangs de la secte.
Cette secte avait repris certaines doctrines cathare,
condamnation de la matière, refus du mariage et de la
procréation, régime végétarien, mais à en croire les dires,
elle sacrifiait cependant à des rites orgiaques. A ce propos,
Giovanni Vittoriense, ecrivit en 1326 dans son
Cronicon :
« A cette époque apparut à Cologne une secte
hérétique : femmes et hommes de diverses conditions
se rencontraient au beau milieu de la nuit dans des lieux
souterrains qu'ils disaient être leur temple où un
certain prêtre du nom Walther célébrait la messe. Après
l'élévation et le sermon, les lumières s'éteignaient et
les hommes mine de reconnaître la femme qu'ils avaient à
leurs côtés. Après un repas copieux, ils se mettaient à
danser et à s'abandonner à toutes sortes de plaisirs
qu'ils baptisaient état du paradis, du nom du jardin
donné à leurs ancêtres originaires de cette folie. Leur
chef se faisait appeler Christ et la noble et belle jeune
fille qui prenait place à ses côtés Marie. En agissant de
la sorte, ils dégradaient le caractère sacré de la Foi et
les valeurs de bienséance et de vérité. » Le système théologique du Libre
Esprit était toutefois beaucoup plus complexe mais nous
n'en connaissons malheureusement que des fragments. Ses
idées maîtresses étaient les trois suivantes :
l'identification d'Adam et du Christ prônée par les
ébyonites, la doctrine de la rédemption universelle
d'Origène d'inspiration néo-platonicienne, et celle de
Joachim de Flore. Au plan pratique, les frères
abhorraient la violence et l'usage des armes et ne
reconnaissaient aucune autorité temporelle et humaine ;
ils n'étaient toutefois pas hostiles à l'Eglise en tant
qu'institution miséricordieuse et allaient même jusqu'à
lui faire acte de soumission. leur mouvement furent
durement réprimé par les tribunaux de l'Inquisition qui
prononcèrent des procès et des condamnations au bûcher.
Certains historiens soutiennent que cette secte comptait
parmi ses disciples le grand peintre flamand Hieronymus
Bosch dont les mystérieux tableaux allégoriques seraient
en réalité une représentation artistique des mystères de
la secte.
ébyonites
: Courant du judéo-christianisme qui tire son nom de
l'hébreu ebyonim,
pauvres.
Origène : Théologue (183/185-253/254) et
élève.de Clément Alexandrie, il se consacra très jeune à
l'enseignement.
Joachim de Flore : Religieux et mystique
calabrais (env. 1130 - env. 1202). Moine cistercien de l'abbaye
de Sambucina, il fut nommé abbé en 1177 et donna naissance à un
ordre dont les règles étaient copiées sur celles de l'ordre de
Cîteaux. Il est auteur de quelques textes
prophétiques.
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